La chèvre et la Tesla
Journal Entry · 3 min read · 20 Aug 2026
En Corse, dans la montagne, il y a plein d'animaux sur la route. Des chèvres, des cochons, des vaches. Ces bêtes-là sont banales ici. Les bergers et les éleveurs ouvrent le grillage le matin, et les bêtes partent se promener. Elles rentrent toutes seules le soir à l'étable.
Par contre, sur les routes de montagne, qui sont déjà étroites, sinueuses, avec un virage tous les cinquante mètres, tu as souvent des surprises. Au détour d'un virage, tu te retrouves avec quatre ou cinq chèvres sur la route.
Il faut faire super attention. Et un truc : généralement, les animaux se tiennent à l'ombre. Donc si tu tournes et que tu débouches sur le versant ombragé de la montagne, méfiance. C'est peut-être là qu'une bestiole attend sur la route.
Et ce ne sont pas des animaux de ferme ordinaires. Ils sont à moitié sauvages, hyper rustiques.
Et je vois des touristes qui s'arrêtent pour prendre des photos, ou leur faire risette. Ce n'est pas une bonne idée.
Il y a des cochons qui se baladent et qui font plus de cinq cents kilos. S'ils te marchent sur le pied, tu es déjà mal. Mais ils peuvent aussi te bousculer, te mordre. Bref, méfiance.
Alors, la chèvre, c'est un sale caractère. Et j'ai l'impression qu'elles savent reconnaître les voitures. Elles savent très bien que quand une Tesla arrive, c'est un touriste. Et elles ont un espèce de regard de dédain. Elles ne libèrent pas la route. Elles regardent par-dessus leur épaule, genre : « je suis chez moi, je t'emmerde. »
Par contre, quand un gros pick-up tout cabossé, ou une Citroën C15 de berger se pointe, là c'est une autre histoire. Elles cèdent tout de suite. Elles dégagent la route en deux-deux.
Voilà.