Premier sur la plage
Journal Entry · 4 min read · 19 Aug 2026
6h, réveil. 7h, dans la voiture, descente vers Porto. La vallée est encore dans l'ombre, personne sur la route. En bas, je croise des chèvres, et surtout un cochon. Un goré, un mâle, avec une paire de couilles grosse comme ma tête. Un monstre. On s'est regardés, chacun a continué sa route.
Puis la route des calanques de Piana. Celle-là, je la connaissais de réputation. La voir à cette heure, avec la lumière qui monte sur la pierre rouge-orange, la dentelle des rochers, c'est autre chose. Fabuleux. Vraiment.
La petite route qui descend à Ficaghjola, c'est une autre musique : 5 kilomètres d'épingles à cheveux tellement serrées qu'il faut s'engager dans le virage et regarder dans le rétro pour voir la suite. À 20 km/h, en descente, face au golfe. On ne peut pas faire plus, et on n'a pas envie de faire plus.
Parking de 15 places, sac à dos, palmes, masque, tuba. 800 mètres de sentier dans le maquis, et puis la mer. La plage en galets, encore à l'ombre de la montagne. Personne. 8h, j'étais le premier. C'est exactement pour ça que je me lève tôt : la foule, je n'en veux pas. Les choses préservées, oui.
Appel à ma mère, quelques vidéos pour les réseaux, un morceau de casse-croûte. Puis l'eau, avec mes palmes de chasse de 60 cm, ce qui n'est pas une promenade de santé. T-shirt clair pour qu'on me voie, et je longe le trait de côte. Les herbiers de posidonie qui ondulent au fond, les demoiselles, l'eau calme. Et ces rochers plus clairs que les autres, deux, trois. Tombés de la montagne, récemment, pas encore recouverts par la vie. Certains gros comme une petite voiture. Quand ça a décroché, ça a dû faire du bruit.
25 minutes pour rejoindre la pointe. Le soleil dans le dos, l'eau qui s'éclaire. C'est là que le premier bateau de touristes est sorti. Je regarde ma montre, je fais demi-tour. Contre le soleil, on voit moins loin. Peu importe, j'avais eu la bonne partie.
Retour à la plage, casse-croûte, liseuse, sieste. À mon réveil, les gamins, les bouées, les parasols. 10h30, je range, je remonte. Le parking est plein, il reste deux ou trois places. La route étroite se remonte en croisant personne, tant mieux, il y a un coup à prendre. Puis la route de Piana, de nouveau superbe, mais pleine de touristes arrêtés dans les virages. Magnifique et dangereuse, comme souvent.
À midi, j'étais rentré. La journée avait déjà donné le meilleur.